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L'Ikebana, l'art floral japonais
Dans le respect des éléments naturels

Histoire de l’Ikebana

On peut dire que les arrangements floraux puisent leur origine dans la religion et dans les cultes bouddhiques. En effet, c’est au Ve siècle que le bouddhisme s’introduit au Japon, et avec lui, les arrangements floraux destinés aux offrandes : le Kuge. Dans un premier temps, les kuges se trouvent à l’extérieur, notamment à l’entrée des temples bouddhiques.

Peu à peu, les fleurs parviennent jusqu’à la statue du Bouddha, et c’est à ce moment qu’on voit pour la première fois des branches et des fleurs piquées dans des carafes. Là encore, les fleurs ont une fonction religieuse. À ce stade, les arrangements n’obéissent encore à aucune règle et sont confectionnés selon les goûts des moines qui entretiennent les temples bouddhiques.

Il faut attendre l’époque des dynasties du Nord et du Sud (1336-1392) pour voir les compositions florales gagner les habitations classiques. Bien plus tard, à l’époque Edo (1600-1868), on voit apparaître des codifications et règles relatives à l’Ikebana ainsi que l’émergence des divers courants (ou Écoles) d’Ikebana.

 

Ikebana et spiritualité

Depuis les temps anciens, le peuple japonais attache une grande importance aux éléments naturels qui l’entoure. Cet attachement s’explique par des croyances animistes, selon laquelle tout élément naturel (qu’il soit organique ou minéral) comme l’eau, les rochers ou les végétaux, ainsi que les montagnes, rivières ou les forêts sont habités par des divinités.

Les plantes à feuilles persistantes (comme les pins) étaient considérés comme étant les demeures des Dieux. Ces arbres verdoyants toute l’année ornent les portes des habitations afin d’honorer les divinités et d’attirer le bonheur. Cette tradition est encore de nos jours respectée : à la nouvelle année, nous pouvons encore voir des Kadomatsu (ornement composé de bambous de pin et de branches de prunier) déposés devant les portes des habitations.

Quant aux fleurs (notamment pour les arbres fruitiers), leur abondance laisse présager une bonne ou une mauvaise récolte. L’économie de la civilisation japonaise, comme toutes les autres de cette époque, dépendait majoritairement des récoltes annuelles. C’est pourquoi le peuple japonais était convaincu que les esprits habitaient les fleurs et que ces mêmes esprits qui apporteraient une récolte abondante. Un des exemples qui soulignent cette idée est l’existence de Sahohime (la Princesse des Cerisiers), considérée comme étant la déesse de la culture et des récoltes. Sa présence se matérialise par les fleurs de cerisiers qui s’épanouissent au printemps. Si les fleurs restent sur les branches jusqu’à la fin de la floraison, la récolte sera bonne. Si en revanche, les fleurs sont emportées par le Harusame (les pluies du printemps), la récolte ne sera sans doute pas satisfaisante.

Il est bien évident que les plantes et végétaux étaient également appréciés pour leur beauté. Mais au-delà de l’aspect purement visuel, le peuple japonais éprouve un profond respect pour la nature qui les nourrit, et s’efforce de vivre en harmonie avec elle. La croyance poussait les Japonais à prélever des branches de pin pour orner une porte ou un toit de maison en signe de porte bonheur, et les jeunes filles piquaient des brins de fleurs dans leurs cheveux en guise de talisman.

 

La place de l’Ikebana dans la culture japonaise

De nos jours, il faut reconnaître que la place à la spiritualité et aux croyances dans la pratique de l’Ikebana a substantiellement diminué. L’Ikebana s’est démocratisé à l’Ère Meiji (1868-1912), en même temps que l’ouverture du Japon à la civilisation étrangère et que la politique de modernisation du Japon. Durant des siècles, l’Ikebana était essentiellement pratiqué par des homems de haut rang (les moines bouddhiques et shintoïstes, les Samuraïs et Daïmyos). À l’Ère Meiji, l’Ikebana s’est répandu et démocratisé, laissant les classes moyennes et les femmes s’initier à cet art. À cette époque, l’éducation des femmes occupait tous les esprits et les jeunes filles en âge de se marier se « formaient » dans les Écoles d’Ikebana, au même titre que la Cérémonie du Thé ou la Calligraphie. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée et ce sont les femmes qui constituent la majorité des pratiquants de l’Ikebana. Cependant, le nombre de pratiquants a fortement diminué, la jeunesse japonaise s’est désintéressée de cet art traditionnel, considéré comme coûteux, contraignant et démodé.
Fort heureusement, cette discipline séduit encore un nombre important de personnes dans le monde. On peut aisément trouver des Écoles d’Ikebana dans le Japon actuel, cette discipline est également représentée hors des frontières nippones. Quelquefois, cet art est enseigné dans les établissements scolaires en tant qu’activité complémentaire facultative.

 

 

Les qualités requises par le pratiquant

La pratique de l’Ikebana est à la portée de tous ! C’est un art qui demande évidemment qu’on acquière quelques bases, mais tout le monde peut le pratiquer sans forcément avoir des connaissances sur culture japonaise ou même en botanique. Les enseignements et les styles varient en fonction de l’École (il existe plus de 2000 Écoles d’Ikebana au Japon), mais toute personne peut atteindre un niveau élevé dans son École, en partant de zéro.
Les qualités requises sont d’abord l’amour et le respect de la nature. La volonté de vivre en harmonie avec la nature, la volonté de préserver les végétaux et autres éléments vivants. La rigueur, la patience et le sens d’observation sont également primordiaux selon moi. Il faut être conscient que nous manipulons des éléments vivants, qui ont chacun leur caractère et leur façon d’être. Il faut sublimer la plante en la travaillant avec respect et douceur. Ikebana signifie « Fleur vivante », il n’est nullement question de « tuer » les végétaux et de les « torturer » pour obtenir une composition artificielle. Le but de l’Ikebana est de faire vivre les fleurs dans les maisons, leur donner une apparence naturelle, comme si elles étaient encore dans leur milieu naturel.

 

L’École Kaden Ryu

Chaque École d’Ikebana forme des maîtres. En ce qui me concerne, j’ai été formée dans l’École Kaden Ryu (ce nom signifie « Communiquer à travers les fleurs ») auprès de Maître Kikuto SAKAGAWA. C’est un maître diplômé de l’École Adachi et qui a également suivi une formation dans l’École Ikenobô, et qui a fondé sa propre École en Allemagne il y a 25 ans. Depuis, il est très actif en Allemagne dans la Région de Lahr, et continue d’enseigner aux maîtres de l’École Kaden Ryu. Je suis moi-même passée maître en 2008 après de longues années de pratique, et j’ai obtenu le nom de Sahohime no Ki (qui signifie « La Joie de la Princesse des Cerisiers »). Nous continuons à initier les amoureux de la nature à l’Ikebana et s’ils le souhaitent, nous pouvons les former jusqu’à atteindre le statut de maître. Mais nous savons que ce n’est pas la consécration pour un artiste d’atteindre le niveau de maître, ce n’est que le commencement d’une longue période d’apprentissage sur la discipline et sur soi-même.

 

Les codes à respecter, les rites et les symboliques prédéterminés

Chaque École a des règles et des codes propres à elles. Je ne peux évoquer que des codes et rites concernant l’École Kaden Ryu. Dans notre École, il existe 5 grandes formes d’arrangement : la forme droite, la forme inclinée, la forme tombante, la forme plate et enfin le Kaden Tatebana.
Les formes des arrangements varient en fonction de l’apparence des éléments dominants. Un arrangement est très souvent constitué d’éléments principaux et d’éléments secondaires. C'est ce qui permet d'avoir un arrangement harmonieux dans le déséquilibre, de faire interagir les éléments et créer une unité et une tension. Un arrangement réussi sera un arrangement vivant, "en mouvement" et qui respecte une hiérarchie élément principal - élément secondaire.
Par ailleurs, il n'existe pas vraiment de rites durant l'élaboration de l'arrangement. Cependant la posture est primordiale, il est important d'avoir une posture droite, les épaules décontractées, l'abdomen serré, la respiration mesurée et une grande concentration. Si on ne respecte pas ces postures, on aura vite fait de se déconcentrer, et de briser une branche qu'on est en train de courber ! Si on est crispé dans les mouvements, on n'arrivera pas à obtenir un résultat naturel et vivant. Les fleurs traduisent notre attitude, et on ne peut tricher avec elles. Un des plaisir de l'Ikebana est la sérénité et l'apaisement qu'apporte l'élaboration d'un arrangement, dans la concentration et dans l'unité avec les végétaux. Il faut être détendu, afin de profiter au mieux de ce bienfait.

Il existe cependant une cérémonie de l'Ikebana : le Kaden Otemae, qui se pratique selon des règles bien précises, avec des mouvements prédéterminés. Dans ce cas de figure, ce n'est pas tant l'œuvre finie qui est importante, mais tout le processus d'élaboration qui est mis en avant. C'est une cérémonie solennelle qui demande beaucoup de pratique et d'attention.

 


>> Merci à Sahohime no Ki de nous avoir fait découvrir l'Ikebana.

Pour en savoir plus sur le sujet, n'hésitez pas à visiter le blog de Sahohime no Ki.

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